Présentation du volet

Volet Sao-Tomé
Programme Nyamu

Le programme Nyamu

Le second programme qu'ECOFAC a soutenu pendant 5 saisons consécutives, concerne un bloc de plages long de plus de 100 km s'étendant de la ville de Mayumba au sud du Gabon à la rivière Noumbi au Congo.

A la vue des comptages aériens effectués en décembre 1997, en février 1999, mais aussi des résultats recueillis par l'équipe présente sur le site durant les différentes saisons de ponte, il s'agit vraisemblablement de l’un des deux premiers sites de nidification au monde pour la tortue luth et d'un site de ponte intéressant pour la tortue olivâtre; de novembre 1999 à avril 2000, 4175 nids de tortue luth et 21 nids de tortue olivâtre ont pu être enregistrés sur seulement 7 km de plage. Sur l'ensemble du site, nous avons pu estimer le nombre de nids de tortue luth pour toute la saison à 29 686, ce qui correspond a un cheptel de femelles reproductrices compris entre 4200 et 7100 luths!

L'un des objectifs principaux de la campagne Nyamu (nom vernaculaire de la tortue luth) a déjà été atteint avec la création d’un Parc National mais, le travail doit être poursuivi sur le site, afin d’obtenir une estimation fiable de l'importance du cheptel reproducteur de Dermochelys coriacea fréquentant ces plages et de suivre l’évolution de cette population.


Pose d'un transpondeur magnétique sur une tortue luth

Pour cela, l'équipe en place sur le site mène un travail d'identification des individus venant pondre sur ces plages par la pose de bagues au niveau des membres postérieurs des tortues luths et des membres antérieurs des tortues à écailles mais aussi par l'injection au niveau de la nuque ou de l'épaule de transpondeurs magnétiques permettant d'identifier chaque individu par un numéro unique lu à l'aide d'un lecteur portable. A terme, ces différents travaux devraient nous permettre d'accroître nos connaissances relatives à la biologie de la reproduction des tortues marines et ainsi autoriser des stratégies de conservation adaptées.

Cinq années de présence sur le site ont permis de réduire presque à néant les menaces anthropiques terrestres pesant sur les femelles venant pondre sur les plages. Seules quelques collectes d’œufs semblent persister sur les plages les plus proches de Mayumba.


Cependant les menaces marines sont inquiétantes, notamment en ce qui concerne les captures accidentelles dans les filets des bateaux de pêche industrielle chalutant en zone interdite, très près des côtes. De nombreux cadavres de tortues luths et olivâtres victimes des chalutiers ont été recensés lors des différentes saisons de ponte. Il est donc nécessaire d’avoir une meilleure connaissance de la vie des tortues en mer afin de mieux les protéger.

C’est pourquoi, en collaboration avec l’UICN France, le CNRS et l’ONG gabonaise Nyamu, 5 tortues luths ont été équipée en décembre 2002 d’émetteurs Argos ou « balises ». L’objectif de cette étude est de nous permettre de mieux comprendre le comportement et la distribution en mer des femelles pendant la saison de ponte, période de vulnérabilité extrême pour la population, puisqu’un grand nombre d’individus reproducteurs est concentré dans une zone relativement restreinte. Nous espérons aussi qu’elle nous amènera à identifier (puis protéger) d’éventuels corridors de migration qui pourraient être empruntés par les femelles une fois la saison de nidification terminée.



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